Archives de la Catégorie : Journal de bord

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Jour 4 – “Eso es para no olvidar”

Certainement un dimanche comme un autre à Tecpán. Le marché s’est installé dans le centre de la ville tandis que la grande Eglise catholique s’est remplie de ses fidèles. Nous déambulons entre les étales colorées afin d’acheter de quoi cuisiner pour la semaine qui arrive… et surtout, pour ce soir, car nous avons invité la personne chez qui nous logeons, Esperanza, et son fils Nicolas à diner.

Alors que le vent frappe bruyamment les taules de la maison, nous attendons patiemment nos hôtes qui se sont habillés pour l’occasion de façon traditionnelle. Les assiettes de gratin se vident peu à peu et Esperanza nous entraîne dans une discussion sur le système politique de son pays.  Selon elle, un gouvernement militaire serait le seul capable de faire régner le calme et pacifier le Guatemala. La corruption – « como vosotros en Europa »- est néfaste pour le pays et Nicolas explique que désormais, âgé de 18 ans, il peut faire partie de « los hombres de la Ronda », un groupe informel d’hommes qui surveillent les villages la nuit.  Esperanza nous apporte une radio pour égayer nos soirées. Animée par les rythmes latinos, elle commence à nous présenter l’histoire des différents objets qui meublent le salon : les vases traditionnels portés sur la tête des femmes, le fer à repasser en métal, un mortier et un pilon en pierre, une statuette maya, des cornes de cerf comme souvenir de son voyage à Madrid (« de la basura de Madrid »). Avec un air nostalgique, elle nous explique que garder tous ces objets lui permet de sauvegarder l’héritage de la culture Maya ; « es para no olvidar nuestra historia ». À ce propos, Esperanza semble pessimiste en affirmant que, certainement, dans quelques années, la culture Maya disparaîtra.

 

 

 

Jour 3 – « El matrimonio es un regalo de Dios ». *

Nous sommes de mariage aujourd’hui! Pour l’occasion, nous avons revêtu nos plus beaux t-shirts Mayas, fraichement achetés du marché, le matin même.
Esperanza nous donne rendez-vous à 10h pour célébrer de l’union de Cristina et Estuardo. Après deux heures de cérémonie dans la grande Eglise catholique de Tecpán, nous en sortons pour prendre la route du banquet. Cette cérémonie est l’occasion pour nous de réaliser à quel point la religion tient une place importante dans la vie des Guatémaltèques. « Dieu » est remercié dans chaque discours : « El matrimonio es un regalo de Dios ». A Tecpán, la quasi-totalité de la population est catholique ou évangélique.

L’union de Cristina et Estuardo… et leurs familles

Sur le terrain de basket d’une des écoles primaires de Tecpán, une quarantaine de tables disposées en extérieur attendent leurs invités. Sur la droite, deux porcs entiers, écartelés sur leurs grilles rotatives, rôtissent sagement. Sur la gauche, un groupe de musique enflamme la zone encore vide, dont le sol est tapissé d’aiguilles de pin.

Les tables se remplissent petit à petit, d’abord de ses invités, puis de nourriture. Au menu : porc, riz, macédoine et galettes de maïs. Le tout est délicieux. Esperanza nous raconte que le maïs est le premier aliment des communautés Mayas « depuis la nuit des temps ».
Nous retenons l’accueil et la bienveillance qu’ont manifestés tous les invités à notre égard. Ils n’ont pas été avares de sourires, et nous avons su les leur rendre ! Les enfants s’agitent, jouent et courent aux quatre coins du terrain de basket. Ils sont nombreux, comme un reflet des dynamiques démographiques du pays.

Nous avons toutes les quatre été vraiment touchées par le respect et l’affection qui se sont dégagés tout au long de ce mariage. Cela nous a donné l’impression que le cercle familial – bien plus élargi que celui auquel nous sommes habituées – tient une place première dans la vie quotidienne des personnes avec qui nous avons passé la journée. Estuardo, étudiant de 25 ans, remercie en pleurs ses parents, ses grands-parents, ses frères et sœurs, ses oncles et tantes, ses cousins et cousines, et ses ami.e.s d’être présent.e.s. La liste est longue, les émotions n’en sont que décuplées. Quant à Cristina, jeune professeure de Kaqchikel** de 23 ans, elle semble incarner l’héritage de la culture Maya en remerciant chacun.e de ses proches dans cette langue.

Est venue l’heure d’ouvrir les cadeaux… Ou devrions-nous dire les heures au vu de leur nombre pharaonique ? Tasses, casseroles, assiettes, plateaux, verres, couvertures, vêtements pour bébés, signes religieux, et d’autres encore qui nous donnent certains indices pour imaginer la future vie des deux époux. Esperanza nous explique qu’au Guatemala les mariages se font très tôt dans la vie des jeunes femmes. Pour la petite anecdote, lorsque nous donnons notre âge, on nous demande souvent si nous sommes mariées.

La cérémonie se termine par une mise en scène symbolique : la famille de la mariée lui coupe son voile blanc, signe de pureté et de protection, pour ensuite la confier à l’homme devenu son mari. La mère de Estuardo lui offre alors un tablier, un gilet en laine et une étole traditionnelle. Esperanza nous explique que nous assistons à l’union de familles très conservatrices et que de tels rituels ne sont pas la norme dans toutes les mariages guatémaltèques.

Aujourd’hui, la saison des pluies a épargné les époux et la nuit efface les derniers rayons d’un soleil qui se fait rare. Tecpán retrouve peu à peu son calme nocturne. Il est déjà l’heure pour nous de rentrer…

 

* Le mariage est un cadeau de Dieu

** le Kaqchikel est l’une des 23 langues parlées par les Mayas au Guatemala. Elle est la principale utilisée dans la communauté de Tecpán.

Jour 2 – ¡ Gran reunión para los miembros de Wuqu’Kawoq !

Hola a todos.as,

Deuxième jour de notre voyage et déjà beaucoup à raconter… Il est difficile de décrire « à chaud » tant d’émotions et de découvertes.

Nous avons passé la journée avec les membres de l’ONG Wuqu’Kawoq. Une fois par mois, ils – ou plutôt elles… – organisent une réunion générale avec les infirmières, docteur.e.s et bénévoles de l’organisation afin de faire le point sur les réussites et objectifs à atteindre. Cette réunion a été l’occasion de mieux comprendre comment fonctionne l’ONG et quelles sont les valeurs de ses membres. La plupart sont des femmes guatémaltèques et Mayas (seulement 3 hommes … et nous seules en tant qu’occidentales !) : c’est un mode d’organisation qui change de ce que l’on peut voir dans la plupart des ONG.

« El empoderamiento »

La parole a été prise par quasiment tous les membres durant la réunion, ce qui a dégagé une énergie incroyable. On voit des femmes parler de leur travail quotidien avec Wuqu’Kawoq, de leur patient.e.s, des réussites et des points à améliorer. Dans l’après-midi, Doña Esperanza, une formatrice locale, était présente afin de faire une formation sur les objectifs pour le développement durable de l’ONU. L’éducation tient une place importante pour l’ONG et ses membres afin de permettre à chacun.e de mieux comprendre les tenants et aboutissants de leurs missions. Nous poursuivons avec un exercice de groupe, pour réfléchir ensemble aux moyens de mettre en place les objectifs de l’ONU au niveau local.

On a beaucoup appris de cette journée, notamment d’un point de vue humain. Les femmes avec lesquelles on a parlé sont d’une générosité incroyable. Malgré ce que l’on a tendance à appeler « barrière de la langue » ou « barrière de la culture », nous avons pu réfléchir ensemble à des problématiques internationales et locales, et plus généralement parler de nos vies respectives et expériences quotidiennes… Bref, échanger en dépit des dites « différences ». D’ailleurs, Dona Esperanza nous a invitées au mariage d’une de ses amies demain… On vous racontera tout ça très vite!

Pour nous remettre de tout ça, nous sommes allées commander des tortillas pour le soir: nous en avons pris 12 sachant que nous étions 4… et qu’elles sont vendues par 3. On vous laisse faire le calcul… ! Ce sont bien 36 tortillas que nous avons achetées… Ce qui nous a valu quelques sourires amusés des locaux ! Nous avons encore quelques progrès à faire…

Jour 1 – Bienvenidas en Tecpan!

Hola a todos,

Il nous a fallu pas moins de 36h pour trouver la wifi, mais c’est chose faite ! Nous pouvons donc enfin vous annoncer que nous sommes enfin bien arrivées au Guatemala, et plus particulièrement à Tecpan, où nous séjournerons pour les 30 prochains jours.

Nous sommes logées par Esperanza –un prénom qui donne confiance ! -, une femme du village de Tecpan. Notre maison est indépendante et reliée à la sienne par une cour intérieure.

L’association Wuqu’Kawoq avec laquelle nous travaillons se situe à deux rues de notre lieu de résidence. C’est d’ici que nous pouvons capter la wifi qui nous permettra d’alimenter ce blog tout au long de ce voyage. Nous publierons un article en moyenne tous les deux jours* .

Quelques mots sur Tecpan…

90% de la population est Maya

. Le dépaysement s’est donc fait dès notre arrivée sur les lieux ! Nous comptons toutefois nous éloigner davantage de la ville et nous rendre dans les zones rurales pour rencontrer des populations plus reculées, ayant encore plus difficilement accès aux commodités sanitaires. L

a plupart des habitants parlent le Kaqchikel et non l’espagnol. Nous restons donc accompagnées d’un traducteur de Wuqu Kawok pour nous aider dans nos interactions.

La ville est plutôt étalée et colorée. La saison des pluies nous affuble d’un temps capricieux et lunatique, il passe du ciel dégagé à la pluie fine, du vent léger à la pluie torrentielle. La ville elle-même change drastiquement d’ambiance selon les moments de la journée. A partir de 22h, les rues sont désertes et silencieuses. De 7h à 18h, elles sont mouvantes, colorées, agitées … ! Cette agitation est notamment due au marché qui a lieu tous les jeudis, samedis et dimanches. Il est le cœur de l’économie du village. Dans la plupart des foyers, les hommes sont agriculteurs et les femmes vendent leurs produits au marché.

Voilà pour les premières données, on a hâte de vous en dire plus… !

A bientôt !

L’équipe InterCambio

*offre soumise à conditions, dans la limite de la wifi disponible.
Pour tout article non publié en temps et en heure, nous se sommes pas tenues responsables…

 

 

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