Réveil matinal: nous sautons dans nos pantalons, enfilons nos baskets et attrapons nos sacs à dos, direction le Lac Atitlán. Don Cesar conduit le minibus vert, bruyant et tremblant, sur les routes sinueuses allant en direction de l’Ouest du pays. Après plus de deux heures de route, nous prenons un dernier virage sec avant que le paysage ne s’ouvre sur une immense étendue d’eau, la plus belle d’Amérique Centrale nous dit-on dans l’oreillette. Le lac est entouré de trois volcans – San Pedro, Tolimán, Atitlán – dont les sommets culminent à plus de 3500 mètres et s’allient pour bloquer les nuages. Une petite échoppe borde la route ; des chapeaux de toutes les couleurs, pendus sur un fil et agités par le vent, nous arrêtent. Le paysage est à couper le souffle – lui-même déjà très limité par l’altitude. Le lac remplit une large caldeira creusée il y a plus de 84 000 ans par une éruption volcanique.

Nous reprenons le chemin en direction de Panachavel, une petite ville touristique qui borde le lac. Alors que nous sommes en « plein hiver », le soleil se montre généreux aujourd’hui. Nous déambulons dans la petite cité, le regard constamment à la recherche des détails et éléments du paysage à ne pas manquer. Un sentiment de sérénité nous envahit pour la première fois depuis que nous sommes arrivées ici. Les derniers jours ont été intenses émotionnellement, intellectuellement et humainement.

Nous retournons vers un petit ponton qui s’allonge sur le lac. Cette fois, notre taxi sera un petit bateau qui traverse le lac d’un bout à l’autre, avec fragilité et fugacité. Nous arrivons à San Pedro, une petite bourgade assez touristique, construite sur le bord du lac, dans les pentes d’une montagne environnante. Vêtus de shorts et de tongs, ce sont principalement des touristes occidentaux qui se prélassent sous le soleil. Nous nous éloignons des ruelles les plus prisées, et tombons sur un petit restaurant dont l’arrière-cour n’est autre que le lac lui-même. Devant le restaurant, un homme fait cuire des cuisses de poulet, des saucisses et du poisson sur la braise. Nous traversons le rideau de fumée, pour rentrer dans les lieux, et décidons de nous installer sur une mince table située juste au bord de la terrasse. La vue est saisissante… Et encore plus appréciable lorsqu’elle est aromatisée par un poulet braisé, de l’avocat et quelques tortillas…

Et hop, il est déjà temps de revenir sur nos pas… Les volcans ont laissé passer quelques nuages gris, présage d’un temps orageux à venir. Nous reprenons le petit rafiot, qui tente d’éviter les vagues du lac désormais agité, tantôt en s’arrêtant, tantôt en accélérant. Après 45 minutes de traversée mouvementée, nous arrivons (enfin) à Panachavel. A peine le temps de faire quelques emplettes et il est déjà l’heure de retrouver Don Cesar, notre pilote de la journée, pour rentrer à Tecpán.

Reposée de notre voyage de la veille, nous décidons de commencer le dernier jour de la semaine avec un « meeting » dans la petite véranda de notre maison afin de planifier le programme des jours à venir. Il ne nous reste plus qu’ une semaine pour filmer les derniers plans de la ville, réaliser les interviews manquantes et écrire la trame principale du documentaire. Bref, nous avons de quoi nous occuper pour la semaine à venir ! Pour ce qui est du reste de la journée, nous nous rendons au « Cafe de Aqui », devenu, au cours des trois dernières semaines, notre repère préféré pour travailler tout en sirotant un café local. L’après-midi est ainsi bien occupée, entre la rédaction des articles du blog, de la trame du documentaire et du visionnage des interviews de la semaine passée. Nous finissons la journée par un petit apéritif au guacamole bien mérité…