Nous finissons la semaine par un entretien avec la « Directora Municipal de la Oficina de la Mujer »* de Tecpán. Son bureau se situe en plein cœur de la ville, dans le grand bâtiment de la mairie qui borde la place centrale où le marché a lieu toutes les semaines. Nous sommes accueillies par trois femmes – « latinas » et « indigenas » nous préciseront-elles plus tard – qui nous font patienter quelques instants.

Sans trop attendre, la directrice, âgée d’une quarantaine d’années, nous accueille chaleureusement dans un bureau exiguë, dont les murs sont tapissés de documents administratifs, de dessins et de photos. Nous peinons à toutes trouver une place dans cet espace confiné : la préparation technique de l’entretien est digne d’une partie de Tetris…

Nous voilà enfin prête pour débuter cet entretien, tourné vers une vision plus politique et institutionnelle des enjeux des droits des femmes Mayas au Guatemala.

Sans trop en dire sur notre futur documentaire, nous voulons tout de même partager avec vous quelques éléments clés de cette rencontre (parce que oui, nous aussi nous voulons vous faire vivre un suspens digne de celui des séries les plus attendues). La Oficina de la Mujer a pour but d’offrir de meilleures opportunités aux femmes « indigenas » ou « latinas ». La directrice nous explique que, selon elle, hommes et femmes sont certes égaux en droit, mais que chacun doit respecter des obligations bien précises. Si les femmes doivent s’occuper de leurs enfants et de leurs maris, ces derniers sont en charge d’apporter les ressources économiques suffisantes au bien-être de leurs familles. C’est pourquoi des ateliers sont organisés afin de faire fabriquer aux femmes des savons, de la lessive ou d’autres objets…

Il est vrai que l’on se trouve assez loin de la vision et du travail effectué par Wuqu’Kawoq, en termes d’ « empoderamiento » des femmes guatémaltèques. Toutefois, les deux institutions travaillent à la fois en Espagnol et en Kaqchikel, afin de respecter ce qui est aujourd’hui reconnu par le droit international comme un droit collectif des populations autochtones – “le respect des langues et cultures autochtones” (Déclaration des Nations Unies sur les Droits des Peuples Autochtones, 2007). Plus largement, alors que la hiérarchie sociale et économique du Guatemala est largement déterminée par des caractéristiques ethniques et culturelles, la langue est un véritable passe-droit dans ce pays. Un tel constat n’est pas sans faire écho à des situations homologues dans d’autres régions du monde…

Nous avons hâte de vous en dévoiler davantage sur ce que nous apprenons chaque jour grâce à nos rencontres et nos interviews.

* directrice du bureau municipal dédié aux femmes