Aujourd’hui nous avons profité du temps pluvieux pour travailler à l’office de Wuqu’Kawoq. Et il serait donc grand temps de vous en dire plus sur cette association.

L’ONG Maya Health Alliance Wuqu’Kawoq a été créée en janvier 2007 et cela fait maintenant 10 ans que ses membres s’engagent à apporter tous les soins nécessaires aux femmes des communautés rurales des alentours de Tecpán. Pour la petite anecdote, dans le calendrier Maya, « Wuqu’Kawoq » est la date à laquelle l’association fut créée.

 

L’ONG  Wuqu Kawoq se dit « globale » par la composition de son équipe et locale dans son expertise et son travail. Elle est composée à 98% de membres guatémaltèques et plus précisément, d’origine maya.

 

L’association est née du constat du manque de reconnaissance des populations autochtones par l’Etat guatémaltèque. Depuis la fin du XIXe siècle, l’idéologie politique et sociale dominante au Guatemala était celle du nationalisme exclusif qui ne reconnaissait et ne respectait pas la diversité culturelle du pays. Les Mayas étaient ainsi exclus de tout droit citoyen dans la mesure où ils se voyaient privés d’éducation dans leurs propres langues et du droit de vote s’ils ne parlaient pas espagnol. La situation s’est peu améliorée aujourd’hui. L’ONG Wuqu Kawoq constate qu’il existe au Guatemala des rapports de pouvoir selon les appartenances ethniques, sociales ainsi que les relations hommes femmes. Ces problématiques se répercutent dans l’accès à la santé des populations les plus défavorisées, à savoir les femmes autochtones Mayas, qui ne parlent pas l’espagnol et vivent dans des communautés rurales éloignées des centres villes.

Pour les membres de Wuqu’Kawoq, choisir entre sa culture ou sa santé n’est pas acceptable et l’objectif de l’ONG est donc de renforcer les soins de santé primaires dans le Guatemala rural. Cela implique qu’elle s’associe avec les communautés autochtones, notamment avec les comadronas, pour identifier les besoins en matière de santé des populations. L’association a décidé d’adopter une approche conscientisante, dans la mesure où elle favorise la prise de conscience par les communautés mayas de leurs conditions d’existence et des moyens de s’engager dans leur changement afin ne pas reproduire de nouveaux rapports de domination et de dépendance envers leur action.

Jusqu’à présent nous avons beaucoup appris des membres de l’ONG qui se battent pour la reconnaissance des droits des femmes mayas, la population la plus opprimée.