La météo est capricieuse en ce début de mois de juillet. (Il faut le dire, on se fait encore difficilement à la saison des pluies !) Et pourtant, nous avons envie de profiter du dernier jour du week-end pour découvrir les alentours de la petite ville dans laquelle nous vivons depuis presque deux semaines maintenant.

Nous voilà ainsi en route pour les ruines de Iximché. Après une heure de marche ponctuée par des averses, nous entrons sur le site historique de l’ancienne ville Maya. La pluie a laissé place à une brume presque mystique, transpercée par les quelques temples dont le passage des siècles a sauvegardé la grandeur. De sa fondation en 1470 jusqu’à l’arrivée des colons espagnols en 1524, Iximché fut la capitale du territoire Maya Kaqchikel. Le site se compose de plusieurs temples de pierre dédiés aux Dieux, de palais et de deux terrains de pelote mésoaméricaine. Il a fallu attendre les années 1960 pour que les ruines de Iximché soient reconnues comme faisant partie des Monuments Nationaux guatémaltèques.

Nous continuons notre visite dans le passé, lorsque nous arrivons dans un espace plus reculé, protégé par une forteresse de pins. Nous sommes désormais face au présent. Celui de ce groupe, d’identité Maya Kaqchikel, qui se réunit tous les mois afin de faire des offrandes aux Dieux pour les remercier de leurs accomplissements personnels et collectifs. Des fleurs jaunes encerclent un brasier d’aiguilles de pin. Des fleurs blanches dessinent un chemin vers un autel dédié aux divinités. Les bonnes nouvelles se succèdent les unes aux autres, ponctuées par des prières collectives.

Un homme prend alors place au centre du groupe. Il est professeur dans l’une des universités de la région. Il s’élance dans une explication du programme qu’il souhaite créer sur la décolonisation de l’esprit et des connaissances. Il explique aux personnes qui l’encerclent que les communautés Mayas subissent une oppression matérielle et symbolique dont elles doivent s’émanciper. C’est pourquoi il a fait une demande au ministère afin que soit créé un département des études sur la décolonisation – il serait le premier au Guatemala.

Les communautés Mayas sont les acteurs de différents mouvements militants visant à défendre leurs droits, que ce soit au travers d’ONG comme Wuqu’Kawoq ou dans leur vie quotidienne.