Aujourd’hui est notre premier jour de tournage. Le temps est clément, nous en profitons pour déambuler dans Tecpán afin de repérer des scènes de vie parlantes. En chemin, nous découvrons « la oficina de la mujer », le bureau municipal de Tecpán dédié aux femmes. Nous décidons timidement de franchir le pas de la porte et sommes reçues très chaleureusement par la directrice municipale. Elle nous explique que ce bureau existe depuis 2010 afin de mettre au courant les femmes de leurs droits et obligations, de les aider à faire face à des situations économiques et sociales précaires, notamment par la mise en place d’ateliers où celles-ci apprennent les rudiments nécessaires pour créer leurs propres projets. Elle insiste sur le rôle de la famille comme étant un cercle stable pour assurer le respect du droit des femmes et la bonne éducation des enfants. Selon elle, être « una soltera », une femme célibataire, ne permet pas aux femmes de donner une bonne éducation à leurs enfants. Nous nous demandons si cette vision est liée à la forte prégnance de la religion dans la société guatémaltèque. La directrice accepte avec plaisir de participer à la réalisation de notre documentaire au travers d’un entretien filmé.

Une fois l’énergie de la place centrale capturée par nos objectifs, nous décidons d’emprunter des ruelles plus éloignées. Devant une boulangerie, un groupe de femmes et enfants mayas attirent notre attention. Nous tentons d’entamer une discussion avec eux mais nous réalisons qu’ils parlent seulement Kaqchikel. Par un langage des signes tout droit sorti de notre imagination, nous parvenons à obtenir leur accord pour les filmer. La boulangère, quant à elle, semble à la fois surprise et fière d’être au premier plan de nos images. Elle s’active alors pour nettoyer sa boutique et nous fait signe pour filmer l’intérieur. En guise de remerciements, nous voulons lui acheter des petites pâtisseries locales, mais à notre plus grand étonnement, c’est elle qui nous en offre pour nous remercier de l’avoir filmée.

C’est remarquable de voir à quel point le partage et l’échange peuvent créer des liens presque instantanés entre les individus.

Demain est un grand jour pour nous, nous partons à la rencontre d’une communauté rurale pour laquelle Wuqu’Kawoq intervient.