Certainement un dimanche comme un autre à Tecpán. Le marché s’est installé dans le centre de la ville tandis que la grande Eglise catholique s’est remplie de ses fidèles. Nous déambulons entre les étales colorées afin d’acheter de quoi cuisiner pour la semaine qui arrive… et surtout, pour ce soir, car nous avons invité la personne chez qui nous logeons, Esperanza, et son fils Nicolas à diner.

Alors que le vent frappe bruyamment les taules de la maison, nous attendons patiemment nos hôtes qui se sont habillés pour l’occasion de façon traditionnelle. Les assiettes de gratin se vident peu à peu et Esperanza nous entraîne dans une discussion sur le système politique de son pays.  Selon elle, un gouvernement militaire serait le seul capable de faire régner le calme et pacifier le Guatemala. La corruption – « como vosotros en Europa »- est néfaste pour le pays et Nicolas explique que désormais, âgé de 18 ans, il peut faire partie de « los hombres de la Ronda », un groupe informel d’hommes qui surveillent les villages la nuit.  Esperanza nous apporte une radio pour égayer nos soirées. Animée par les rythmes latinos, elle commence à nous présenter l’histoire des différents objets qui meublent le salon : les vases traditionnels portés sur la tête des femmes, le fer à repasser en métal, un mortier et un pilon en pierre, une statuette maya, des cornes de cerf comme souvenir de son voyage à Madrid (« de la basura de Madrid »). Avec un air nostalgique, elle nous explique que garder tous ces objets lui permet de sauvegarder l’héritage de la culture Maya ; « es para no olvidar nuestra historia ». À ce propos, Esperanza semble pessimiste en affirmant que, certainement, dans quelques années, la culture Maya disparaîtra.